Voici une analyse structurée du dossier d’extension de la ligne T2 selon la méthode ERC (Éviter, Réduire, Compenser), mettant en lumière la gestion des problématiques environnementales par la Métropole Aix-Marseille-Provence. Source dossier d’enquête
La Démarche « Éviter » : Anticiper pour préserver
La Métropole a intégré l’évitement dès la phase de conception pour limiter l’empreinte initiale du projet.
- • Évitement du mode routier : Le choix du tramway ferré évite le recours à des modes de transport plus polluants. C’est l’un des modes de transport urbain les plus écologiques, facilitant la neutralité carbone à l’horizon 2030.
- • Préservation du patrimoine : Le tracé a été étudié pour éviter l’atteinte aux sites à enjeux environnementaux et patrimoniaux majeurs. Par exemple, sur les 16 arbres identifiés comme gîtes potentiels pour les chauves-souris, 15 ont été préservés par des ajustements techniques.
- • Scénario de référence : Le dossier démontre que l’option « au fil de l’eau » (ne rien faire) serait préjudiciable car elle ne permettrait pas de réduire la congestion routière ni d’améliorer la qualité de l’air.
La Démarche « Réduire » : Atténuer les impacts inévitables
Pour les effets qui ne peuvent être totalement évités, des mesures de réduction rigoureuses sont appliquées.
- • Émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) : La Métropole s’engage (mesure MR 59) à utiliser du béton bas carbone (réduction jusqu’à 50 % des émissions) et des aciers recyclés (jusqu’à 60 % de réduction) pour les infrastructures et le parking souterrain.
- • Qualité de l’air et Santé : Le projet induit une baisse du kilométrage parcouru par les voitures, réduisant les concentrations de dioxyde d’azote de -7 % en 2028. L’étude confirme qu’aucun risque sanitaire supplémentaire n’est généré pour les populations vulnérables.
- • Gestion des eaux : L’utilisation de pavés perméables et la création d’espaces verts permettent de réduire les débits de pointe des eaux pluviales et de favoriser l’infiltration naturelle, désengorgeant les réseaux d’assainissement.
- • Nuances de chantier : Des mesures strictes (MR 1) encadrent les bruits, vibrations et poussières pour limiter la gêne des riverains durant les travaux.
La Démarche « Compenser » : Un bilan positif
La compensation transforme les contraintes urbaines en gains nets pour l’environnement et les résidents.
- Le « Bilan Vert » (Arbres)
Le dossier présente une stratégie de renaturation ambitieuse pour lutter contre les îlots de chaleur urbains.
• État initial : 366 arbres d’alignement sur le tracé.
• Abattages : 33 arbres seront abattus. Il est précisé que parmi eux, 26 sont en mauvaise santé ou dépérissent, notamment 24 jeunes tilleuls de la place du 4 Septembre qui seront remplacés.
• Plantations : 137 nouveaux arbres seront plantés, privilégiant des essences indigènes comme le micocoulier.
• Bilan final : Le secteur comptera 470 arbres, soit une augmentation de près de 30 % du patrimoine arboré. - Le « Bilan Stationnement »
La suppression du stationnement en surface est compensée par une offre souterraine structurée, libérant l’espace public pour les modes actifs.
• Suppressions : 516 places en surface sont supprimées sur les axes Puget, Corderie et Corse.
• Créations/Réservations :
218 à 220 places créées dans le nouveau parking souterrain Dessemond, dont 80 % réservées aux résidents. Ce parking inclura 5 places PMR et un local pour 20 vélos.
320 places résidents supplémentaires réservées dans les parkings existants (Corderie, Baret, Monthyon) dès la phase chantier.
• Résultat : Avec 601 places compensées (créées ou réservées) contre 516 supprimées, le projet offre un gain net de capacité pour les résidents.
Un dossier exemplaire selon les autorités
La qualité du dossier proposé par la Métropole est soulignée par l’Autorité Environnementale (MRAe), qui juge l’étude d’impact « clairement structurée et bien documentée ». Le dossier répond aux objectifs du Plan de Déplacements Urbains (PDU) et du SCoT métropolitain en favorisant une mobilité durable et en renforçant la biodiversité en ville.
L’investissement permet non seulement une amélioration des transports mais aussi une requalification urbaine totale qui valorise le cadre de vie, la santé publique et le patrimoine de l’hyper-centre marseillais.
